Accueil arrow Notre dossier arrow Habiter écologiquement ses relations


Version imprimable Suggérer par mail

Habiter écologiquement ses relations

 

Par Arouna Lipschitz

Marcher sa parole, c’est être cohérent et congruent avec les valeurs qui nous sont chères.  Les écologistes en matière d’habitat et d’environnement sont souvent –  pas toujours – des gens qui font attention à eux-mêmes : ils mangent bio et traquent pesticides et colorants sur les étiquettes de produits alimentaires ou cosmétiques. Ils comprennent pour la plupart – même s’ils n’appliquent pas forcément - qu’emplir leurs poumons de  fumée de cigarette a quelque chose de contradictoire avec leur idéal de propreté environnementale…

Quid de pousser la cohérence écologique jusque dans nos relations ? Après tout notre prochain, voire nos très proches – amis et amoureux – ne sont-ils pas notre tout premier environnement  ?

Je n’hésiterai pas à poser ici l’idée que notre compétence relationnelle est finalement le test de réalité le plus sûr de notre compétence à économiser intelligemment notre énergie et celle des autres … En bref comment espérer transformer le monde si on n’est pas capable de vivifier son univers de relations personnelles dans le sens de la paix et du développement durable à croissance continue de plaisir ? 

Sans conscience écologique pas d’économie durable
Sans écologie relationnelle pas de relation durable

Quelques axes de réflexion : 

Traduire le “penser globalement, agir localement“
en compétence de proximité… voire d’intimité

Dans la tradition hébraïque, et en cela elle se différencie beaucoup des spiritualités orientales ou extrêmes orientales portées vers l’amour universel, on parle d’aimer d’abord et avant tout son prochain.
Combien de gens s’engagent plus volontiers dans le sauvetage du monde plutôt que dans une relation ? Comme il est plus facile de prendre en charge un humain lointain, voire virtuel, que son voisin de palier ! Et pour certains, n’est-il pas plus confortable de se sentir responsable de son voisin de palier que de son amoureux ou de son amoureuse ?

 
A méditer : "La responsabilité pour autrui précède ma liberté" Emmanuel Lévinas

Etendre le recyclage au recyclage des déchets relationnels

Cela revient à ne pas emporter de vieux bagages dans ses nouvelles rencontres. Apprendre pour se faire à recycler ses vieilles histoires pour que le passé cesse de peser et d’encombrer le présent au point que “plus ça change, plus c’est la même chose“…… En bref, ça s’appelle la résilience.

A méditer : "Rester engagé à une bêtise est une bêtise de plus". Vladimir Jankélévitch
 
Quelques idées pour le recyclage des déchets amoureux : dans les crises, voire les ruptures, passer du pourquoi au pour quoi en faire.
La validité des thérapies en tout genre n’est plus à prouver mais, à notre corps défendant, la recherche des causes nous amène toujours à accuser l’autre, la société, les gouvernements etc… . Le mot "cause" n’est-il pas un anagramme phonétique de "accuse" ? Et la culpabilisation n’est-elle pas l’envers de l’accusation ?
Culpabilité et accusation : deux manières certaines d’empoisonner l’atmosphère. Et si on ajoute à ces deux gaz toxiques le désir de vengeance, on comprend combien il peut devenir incohérent de militer pour la paix dans le monde ou de se déclarer écologique.

A méditer : On est toujours deux, un pot et un couvercle, pour les tambouilles du bonheur comme du malheur *

Pour vitaliser nos relations remplaçons le mot culpabilité par le mot responsabilité et apprenons à "réussir" nos échecs : retraitons les mots et les sentiments usés, les comportements rouillés, à la technologie dépassée, pour ne pas répéter ce qui d’évidence n’a pas marché ou ne marche  plus. En bref, apprendre à tirer les leçons de ce qui nous arrive au lieu de passer notre temps à en donner. 

Faire du tri sélectif dans nos relations

Nous faisons beaucoup de rencontres dans la vie, mais si toutes les rencontres méritent d’être accueillies, car elle sont toutes signifiantes, miroirs qui permettent de  donner du sens à nos attractions comme à nos répulsions, à nos sympathies comme à nos antipathies, toutes ne méritent pas l’investissement énergétique nécessaire pour transformer une rencontre en relation. Toutes ne valent pas la peine qui nous attend. Toutes ne valent pas le coup… à comprendre dans tous les sens du terme.

Accompagner la réduction de C02 d’une réduction de pollution émotionnelle

Pour améliorer la qualité de l’air ambiant, il importe de faire un tri radical au niveau de nos pensées et de nos sentiments : pensées négatives, fumeuses, noires… sentiments plombés, empoisonnés, toxiques… ne peuvent que trouer la couche d’ozone de notre espace relationnel.

Prendre la responsabilité de transformer ses pensées et sentiments polluants en énergie verte participe d’un champ mental et émotionnel purifié. 

Cultiver notre jardin intérieur sans OGM

Vider régulièrement ses poubelles de tous les non-dits, arrière-pensées, et surtout des masques qui constituent nos systèmes de défense face à autrui, crever les abcès des malentendus, toujours privilégier le dialogue au coup de poing permet de rester autant que se peut un organisme génétiquement non modifié, tout en assumant et en réparant au passage sa lignée généalogique.

Et plus encore*…. Parce qu’apprendre à aimer écologiquement est aussi un acte politique

*Voir 52 clés pour vivre l’amour. Ed. Dervy

 

 
Suivant >
Actualité
aa
Les points de vente
Journal du mois
Boutique
Proches de Réel
Présentation
Divers
   
© 2010 Journal Réel- Réalisation et conception du site