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Quand la politique devient culture de paix dans la ville d’Altinopolis

 

Histoire d’une passion  politique

 

ernani.jpgEn octobre 2008, le pédiatre Marco Ernani, vient d’être réélu, pour la troisième fois, maire d’Altinopolis, ville située dans l’état de Sao Polo, au Brésil.
Agé de 50 ans, militant politique depuis sa jeunesse, membre du parti des travailleurs,  il occupa successivement les fonctions de secrétaire d’état chargé de la santé pour la ville, puis de conseiller municipal avant d’être élu pour la première fois, en 1993, maire de la ville d’Altinopolis.
De 2001 à 2004 , pendant l’exercice de son second mandat de maire, sa rencontre avec l’enseignement de Pierre Weil - grand pédagogue de la culture de paix - provoque une révolution intérieure et transforme radicalement sa posture de vie et son rapport au politique. Il rêve, alors, de transformer sa ville en cité de la paix et d’offrir à tous ses concitoyens l’accès à l’éducation à la culture de paix.
De 2004 à 2007: Pendant qu’il forme les acteurs des politiques publiques à la transdisciplinarité dans le cadre de la Fédération de l’Agriculture de l’Etat de Sao Paolo , Marco Ernani continue d’espérer que les élections de 2008 lui permettront de poursuivre son "chef d’œuvre de paix"  et de transformer Altinopolis en ville école.
Depuis octobre 2008,  Marco Ernani est pour la troisième fois maire, toujours déterminé à conjuguer, avec douceur et fermeté, le verbe "agir" en politique avec le verbe "être" un éducateur de la culture de paix  et de la non violence. Il dispose de 4 années pour développer son nouveauprogramme.

 

Impact d’un révolutionnaire silencieux : la rencontre avec Pierre Weil

N.Outin : Comment votre transformation personnelle a transformé votre action  politique ?
M. Ernani : Pendant de nombreuses années mon militantisme politique s’est inscrit dans des rapports de force et de contre-pouvoir. La gestion des conflits faisait partie de mon quotidien. Au milieu de mon second mandat de maire -2001 à 2004-, j’étais très stressé. Je n’avais pas pris de vacances depuis 15 ans. Mon engagement politique primait sur tout le reste et je n’avais plus que très peu de contacts avec les autres médecins. Je sentais se développer en moi le "syndrome de panique". En tant que pédiatre chaque mort d’enfant me déprimait profondément. Je la vivais comme un échec personnel. J’ai ressenti alors le besoin de travailler sur la peur de la mort. Ce fût le début d’un long processus de transformation personnelle. J’ai réalisé que pendant ma formation de médecin j’avais établi une culture de guerre contre la mort.

Puis un jour, un de mes amis m’a mis en contact avec l’enseignement d’UNIPAZ. Dans un premier temps, je me suis inscrit à une formation ayant pour thème : "l’art de vivre conscient".C’est là qu’eut lieu ma première rencontre avec Pierre Weil. J’ai entendu son témoignage sur les différents états de conscience. Ce fut un choc. Au cours d’un exercice de psychodrame j’ai eu une crise de larmes. Cela ne m’était jamais arrivé auparavant. Je suis sorti du séminaire très déstabilisé en me questionnant beaucoup sur le sens de ma vie. Mon épouse s’inquiétait des effets de cette formation sur moi, mais moi je tenais absolument à aller au bout de cette approche "holistique , intégrale, globale" qui prenait en compte toutes les dimensions de l’être et où l’on m’apprenait à sortir du phantasme de la séparativité. J’ai compris alors que « changer le monde » c’est d’abord changer mon regard sur le monde. C’est prendre conscience des limites de ma propre vision, de l’interdépendance et de la multidimensionnalité de mes propres perceptions  J’observais comment Pierre Weil, cet homme tranquille parlant le brésilien avec un fort accent français, enseignait et pratiquait tout à la fois l’art d’être en paix avec lui-même, avec les autres et avec la nature. Son exemple me faisait du bien. Je rencontrais aussi, à ses côtés, ceux qui développaient le concept de transdisciplinarité; en particulier le physicien Basarab Nicolescu, mon second maître. Plus tard, j’eus l’occasion de venir en France à l’Unesco;  matrice et lieu de fécondation de la culture de paix, qui regroupait quelques uns de ces penseurs dans la "commission internationale sur l’éducation pour le 21 siècle". Cette commission, présidée par Jacques Delors, publia en 1996  un rapport "L’éducation, un trésor caché dedans". Ce livre devint mon ouvrage de référence. Depuis, je l’ai mis à la disposition de tous mes collaborateurs au sein de notre mairie.

 

Du combat militant au chef d’œuvre de paix en politique.

N. Outin : A ce stade vous n’aviez parcouru qu’une partie du chemin, celui de l’éveil à la culture de paix. Le plus important ne restait-il pas à faire? soit la mise en pratique de cet enseignement ?

M. Ernani : "En effet, avant de suivre la formation UNIPAZ  je pensais qu’agir pour la paix consistait à participer à des manifestations, à des réunions, à faire des discours Au cours de ma formation j’ai compris que la paix se construisait au quotidien, en moi d’abord et par mes actions ensuite. Conformément au cursus UNIPAZ j’ai eu à réaliser une "opra prima" c'est-à-dire mon "chef d’œuvre" à travers une pratique. Je décidais, dans un premier temps, d’organiser à mon tour un cycle de formation pour enseigner  "l’art de vivre en paix"  dans ma ville. Lors de ce premier séminaire j’ai pu réunir 125 citoyens d’Altinopolis sur 17 000 Habitants. Ce qui était beaucoup et très peu à la fois. Mais ce n’était qu’un début, très vite, j’ai ressenti l’impérieux désir de mettre toute mon action politique au service d’une  culture de paix. Je rêvais de faire de la ville d’Altinopolis une cité de la paix. Or c’est un grand défi à relever dans un  pays comme le Brésil où la violence est omniprésente.

Dans mon pays, La violence est devenue un problème de santé publique. Dans l’état de Sao Paulo qui compte 18 millions d’habitants dans sa grande zone, c’est  la plus grande cause de mortalité pour la population âgée de 15-35 ans (accident par homicide) et chez les jeunes âgés de 5 ans à 15 ans, c’est la première cause de mortalité (mort par homicide). Ici, la violence est présente partout dans les centres de santé et les hôpitaux. Par exemple dans certains quartiers les médecins estiment avoir besoin de revolvers pour aller travailler. Parfois il faut placer l’armée devant  des centres de santé  car des groupes de trafiquants envahissent les hôpitaux pour libérer des chefs de bandes emprisonnés. Le public lui aussi est violent  avec les équipes de santé. Les infirmiers sont agressés s’il n’y a plus de place dans les consultations. Il existe aussi une violence verbale dans ma propre équipe de santé (par exemple entre les médecins et les infirmiers). La jeunesse est particulièrement exposée et développe des pathologies liées à ces violences. Des recherches de l’OMS réalisées dans 36 régions du Brésil d’avril 2005 à avril 2007 montrent que 40% de la population des moins de 18 ans a été malade psychiquement en 2006. Quelles incidences ces pathologies peuvent-elles avoir sur les adultes que ces jeunes seront dans le futur? La culture de paix devrait donc être un axe prioritaire  pour une politique de santé publique. Mais comment éveiller  mes concitoyens à la paix ? J’étais conscient qu’il est impossible d’imposer cet éveil.

N.O.: En vous appuyant sur votre autorité de maire, comment avez-vous réussi à installer dans votre ville une culture de paix ?

M. Ernani: Par l’éducation pour tous. D’autant que le contexte de décentralisation des compétences qui venait de se mettre en place au niveau national nous permettait de décider du programme et du budget des écoles. Le processus fût long et difficile. Il a duré quatre ans. La première année, ce fût la constitution et la préparation de l’équipe municipale porteuse du projet. Nous avons besoin de personnes qui travaillent dans les affaires publiques avec une pensée globale, une aptitude à la transdisciplinarité. Si on ne comprend pas cela le  processus de changement devient douloureux et on perd de l’énergie. Il faut donc faire beaucoup de réunions pour développer les capacités et les aptitudes des personnels dans cette direction. La seconde année fût consacrée aux élections locales des sénateurs, députés et président. Le véritable travail ne commença seulement que la troisième année alors que mon mandat de maire était limité à quatre ans. (2001-2004)

Pour relever ce grand défi notre équipe a dû définir une méthode et élaborer un programme d’éducation pour tous visant à transformer l’environnement culturel, social, économique de nos administrés afin de favoriser l’émergence de relations plus pacifiques entre les citoyens. La politique est faite pour les personnes et par les personnes C’est donc l’éducation des personnes (personnels de la mairie, professionnels des institutions chargées de l’éducation, enfants, parents et grands parents) et le bien être des personnes que nous avons identifiés comme cibles privilégiées de notre action politique. Conjointement nous avons décrété une série de mesure visant à installer plus de justice économique et sociale dans la ville. Par exemple en offrant des repas aux enfants à l’école car de nombreux enfants de familles pauvres arrivaient à l’école avec l’estomac vide.

N.O : Quelle fût votre méthode ?
M. Ernani : Comment prendre mieux soins des enfants? De leur famille? Des éducateurs? Des enseignants? Des dirigeants?  Comment valoriser le potentiel créatif des jeunes, des parents, des grands parents? A chacune de ces questions il faut répondre par un projet et par un programme concret. Avant d’expérimenter une action nous nous posions des questions très simples (Pourquoi faire cette action? Pour Qui ? Qu’y a t’il à faire ? Combien ça coûte ? Quand ?)

Par exemple, Comment faire pour que l’entrée dans l’école soit un moment de bonheur ? Il fallait trouver une stratégie pour installer l’harmonie pendant toute la journée. Avant, nous constations qu’à l’école,  le lundi matin dés 9H, les professeurs étaient complètement épuisés, anxieux, agités. Les enfants perçoivent alors chez le maître de la colère et non de l’amour; cela  suscite de la peur en eux  et éveille leur propre violence.

Notre réponse fut de proposer aux professeurs que la première heure de la matinée du lundi soit consacrée à  leur propre ressourcement. Les enseignants  avaient le loisir de communiquer entre eux, de se parler de leurs conflits, de partager leur histoire de vie, de pratiquer des techniques de méditation, de respiration, pour apprendre à se centrer en eux-mêmes et trouver une certaine harmonie intérieure. Pendant cette heure là, les enfants prennent le petit déjeuner offert par l’école, puis pratiquent des arts martiaux qui libèrent l’énergie et installent le calme et la maîtrise de soi comme le Taï Chi. Lorsque nous avons fait cette proposition, les professeurs ont mis six mois pour comprendre ce que nous proposions et exploiter pleinement ce temps rémunéré pour leur bien être et leur harmonisation intérieure.

Nous avions aussi remarqué que les enseignants transmettaient aux enfants uniquement des savoirs, des informations ayant pour seul objectif de leur permettre d’obtenir des diplômes. Ils étaient emprisonnés dans le cadre du cursus. Notre réponse fût de mettre en place, à l’intention de tous les personnels éducatifs, un cycle de formation continue à la transdisciplinarité et à la culture de paix afin qu’ils sachent éduquer l’enfant dans sa globalité en sollicitant toutes les dimensions de son être (l’intellect, les sens, l’imaginaire, les émotions, la sensibilité, l’ intuition.). Les enseignants ont alors pu pratiquer une pédagogie de la paix « multi et transdisciplinaire qui intégrait tout à la fois les sciences, l’art, l’artisanat, la philosophie, les spiritualités, les connaissances des traditions anciennes et celles issues des sciences du 21 siècle. A leurs côtés, les enfants ont pu apprendre à explorer leur intériorité et la puissance d’actes simples et transformateurs comme apprendre à respirer, à installer le bien être dans son corps physique, dans son cœur, dans sa tête,puis avec sa famille et sa communauté. La recherche de la paix était au cœur  des enseignements dans nos écoles (année 1: "je suis dans la paix, Année 2: "la paix ça s’applique", année 3: la paix et le faire", année 4: "la paix dans la famille". Le grand défi fût d’intégrer dans la formation la question de l’amour et du développement de notre capacité à aimer.

L’expérience nous a enseigné que les clés de la réussite de l’action sont dans la capacité à soigner les détails, à faire de petits changements simples. Voici quelques exemples de petits détails qui ont grandement contribué à changer le climat de travail à l’école. Nous avons supprimé la sonnerie stridente et stressante qui rappelle celle de la police ou de l’ambulance pour la remplacer par une cloche à la mélodie harmonieuse. La cloche est aussi le symbole de la rencontre. La question des uniformes à l’école a été débattue. L’objectif était de supprimer la compétition entre les enfants  riches et pauvres. Après débat nous avons décidé d’imposer l’uniforme. Dans la classe, nous avons privilégié la disposition des enfants en cercle. Chaque journée se termine par une chanson et de la musique pour que les enfants se quittent dans l’harmonie, tout comme ils ont commencé la matinée. Le repas est le même pour tous et est payé par la préfecture. Tous les changements proposés ont fait l’objet de débats, de négociations. Nous avons élaboré des pactes avec les professeurs de toutes les écoles; mais ces pactes pouvaient toujours être remis en question dans les sessions de formation continue qui ont lieu pendant les temps de travail des enseignants. Le respect du processus démocratique dans la prise de décision est essentiel pour la réussite du projet.
Nous avions remarqué que la majorité (presque 95%) des éducateurs étaient des femmes et celles ci se comportaient souvent de façon masculine Ceci avait aussi des conséquences sur leur santé.  Il a donc fallu travailler cette dimension avec les équipes des dirigeants scolaires. En fait, il a fallu mettre en place un programme pour chaque famille d’acteurs du processus. Et nous avons ainsi élaboré plus de 50 programmes opérationnels et transdisciplinaires pour répondre aux besoins de formation de chacun, sans oublier les acteurs de la santé, de la promotion sociale, les familles et les grands parents qui jouent un rôle très important dans l’équilibre familial. Nous veillions à ne pas séparer les objectifs (discours sur la santé et la promotion sociale), à ne pas fragmenter les besoins de la personne : (école, éducation, santé, médecine). La tâche fût énorme et exaltante mais les résultats étaient mesurables. Dans la ville, pendant la durée de mon second mandat, selon les données recueillies auprès des délégués de la police (police civile et police militaire) nous avons noté une réduction de 90% s du nombre d’infractions faites par les enfants et les jeunes, (consommation de drogues, violences à l’école, et violences intra-familiales).

Nous avons réussi à implanter progressivement cette culture dans toute la ville. La culture de paix servait de pont à toutes les autres formes de cultures. La pédagogie de la culture de paix peut être appliquée non seulement à l’école mais aussi dans la gestion, la promotion sociale, le développement économique.

N. Outin : Qu’est ce qui a été le plus difficile pour installer l’éducation à la culture de paix dans la ville pendant ce second mandat ?

M. Ernani : Au début, ce fût de convaincre les secrétaires municipaux , l’équipe, les conseillers municipaux, ensuite les professeurs de niveau universitaire, formés à la spécialisation. La communication était plus facile avec les enfants et la population. Quand des politiciens m’opposaient la question de l’argent, je leur répondais : "combien faut-il d’argent pour répondre aux besoins de sécurité et de plaisir de la population ? Beaucoup, n’est ce pas ? Et combien faut-il d’argent pour répondre aux besoins : d’amour, de transcendance, de respect des autres, d’inspiration, de reliance au sacré ? Très peu". Quand les leaders politiques prennent conscience de ce que ces deux niveaux de besoins coûtent. Nous pouvons abolir l’obstacle de l’argent car la grande excuse des politiciens est toujours : "c’est trop cher".

N. Outin : Lorsqu’en 2004 vous avez dû quitter vos fonctions de maire d’Altinopolis, quels sont les chantiers inachevés qui vous tenaient le plus à cœur ?

M. Ernani : Une articulation harmonieuse des différentes politiques publiques destinées à soutenir le développement des jeunes dans toutes les grandes étapes de  leur parcours de vie. Le temps de la gestation, de la naissance, de l’école maternelle, de l’école primaire, de l’université, jusqu’à l’entrée dans la vie active. Il est indispensable de penser ces politiques publiques et leur articulation avec une vision complète, "intégrale, globale" des besoins et des aptitudes de l’être humain. Alors seulement nous pourrons permettre à ces jeunes de déployer tout leur potentiel et avec eux nous pourrons  transformer le monde.

N. Outin : Vous avez été réélu maire en octobre 2008, après 4 ans d’interruption de votre mandat politique. Vous avez de nouveau, pour 4 années, le pouvoir de transformer la vie quotidienne des citoyens d’Altinopolis, quelles sont les priorités de votre programme politique ?

M. Ernani : Après quatre années, il ne reste hélas plus grand-chose de ce que nous avions construit entre 2001 et 2004. Une partie du personnel et des professionnels formés à la culture de paix a été changé. Or c’est bien sur la formation des personnes à la culture de paix que repose la construction de la paix au quotidien. De ce point de vue il nous faut donc tout reprendre à zéro.
Ce sont les citoyens d’Altinopolis qui ont défini avec nous ce que devraient être les priorités de ce nouveau programme politique. La consultation des citoyens et le recueil de leurs propositions se sont faites pendant notre campagne électorale 2008. Notre  stratégie de campagne a visé la plus grande proximité avec la population. Nous n’avons organisé aucun grand rassemblement public à la mode "américaine". Nous avons juste mobilisé une radio mais nous nous sommes rendus compte que notre taux d’audience était très faible, à peine 30% des électeurs.  En revanche,  nous avons effectué de très nombreuses visites à domicile. Nous sommes allés de maison en maison pour participer à des réunions en famille, Nous avons parlé, échangé, dans les maisons avec tous les membres de la famille. Lors de ces visites les habitants ont mis en avant quatre propositions prioritaires :

  1. La création d’emplois pour les jeunes et les femmes,
  2. La création de logements sociaux en donnant priorité à la construction de maisons individuelles. Pour satisfaire les besoins des 16000 habitants qui sont en attente d’un logement de ce type, il faudrait construire environ mille maisons pouvant accueillir des familles,
  3. L’amélioration du système de santé publique. Celui-ci  s'est fortement dégradé depuis 4 ans, 
  4. L’amélioration de l'enseignement public pour les enfants et les jeunes qui lui aussi s'est dégradé en 4 ans.

Ces objectifs sont donc nos quatre priorités pour mon mandat municipal de 2009 à 2012 à Altinopolis.

N.Outin : En octobre 2008, au moment de votre réélection, ce même mois, votre maître Pierre Weil, vient de faire son "grand passage"  à l’âge de 84 ans. Quelles traces sa vie a-t-elle laissées dans la vôtre ?

M. Ernani : Depuis que j'ai connu Pierre Weil et que j'ai suivi la Formation Holistique de base à l'Université Internationale de la Paix (UNIPAZ), j'en ai été profondément marqué, et cela a complètement changé ma vision du monde et de l'être humain. Cette formation -théorique et pratique- m’a aidé à prendre conscience des automatismes qui interfèrent négativement dans  toutes les relations humaines : famille, travail,groupes sociaux, ainsi que dans la relation que nous avons avec la nature et l'environnement,. J’ai vécu grâce à cet enseignement un élargissement de ma  conscience individuelle, sociale et environnementale. J’ai compris que la mise en pratique de la culture de paix, nécessite d’habiter tous les instants de notre vie  avec une présence totale. Pierre Weil a influencé toute ma vie et  son exemple m’a appris à incarner l'amour dans tous les actes du quotidien.

Propos recueillis par Nadine Outin, pédagogue, co-fondatrice de l’association ODE- Organisation des Droits de l’Enfant-         
Avec l’aide de la traductrice et formatrice  Florence de Peretti.

 

 
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